Mathieu Kassovitz : et s'il bossait + pour gagner pareil ?

Publié le par Silvio Carmino Bartolomeo Spezzi

Mathieu Kassovitz
le Coluche du cinéma de l'an 2000 ?
Dans l'effervessence et les strass (pas l'estrasse)


On devrait lui demander de bosser plus...
Lui gagnerait pareil .... Peut-être ...
... Mais le public surement plus .

(Mathieu Kassovitz est à Cannes pour parler de deux films qu’il produit, «Johnny Mad Dog», un film qui remue sur les enfants soldats du Libéria, signé Jean-Stéphane Sauvaire, et «Les Enfants de Don Quichotte acte 1», le périple des campements le long du canal Saint-Martin filmé par les frères Legrand. Interview d’un vrai fana de cinéma.http://www.20minutes.fr/article/231947/)


Interviou assez percutante (sur le site 20minutes) de l'ami Mathieu à Cannes où on essaie encore de nous flouer avec des images fantabuleuses d' Harrisson Ford et son retour gagnant avant Rolland Garros . Mr Kassovitz nous livre "sa" vision éducative, crue, réaliste ... Du cinéma ; donc, forcément militante face à l'attitude hollywoodienne de la fête à neuneu du septième art au pays des bronzés nantis de la côte d'azur .


Malgré un climat social plus rude que celui imposé par les nouveaux caprices de la météo réchauffée de ce siècle, les médias nous confiturent de jour en jour un roman photo digne de "Aujourd'hui Madame" à propos de cet art devenu sectaire de par les obligations de chacun, de nos besoins plus pragmatiques que cette futilité indispensable, à savoir, boucler la fin du mois sans faire un crédit à la consommation . On est tranquille ; les prolos de l'an 2000 ont autre chose à penser, à faire, que de se préoccuper de la misère du monde ... Tiens ? La recette serait toujours usée pour se débarrasser de la contestation ?


Toujours est-il, l'ami Kassovitz ne l'envoie pas dire par un autre :


"Qu’est-ce qu’on veut voir et faire exister comme film quand on est producteur? Des films qui n’existeraient pas si on n’avait pas pris le risque de les produire. C’est un devoir que je me suis fixé. La vraie fierté pour moi, c’est d’arriver à faire des films difficiles."
(Des noms ! Des noms !!!)


Un partisan de films difficiles parmi ce monde de facilités à domicile ? Parmi SOS Pizza, livraison de courses, déclarations d'impots en ligne, consultations de compte  en banque sur internet, rencontre  sur catalogue de viande sur pieds(meetic, match, net point com...), lupanars numériques, peer to peer  de données diverses sans sortir de chez soi, actualisations assedic, CAF, téléphonie et télévision dans le même tuyau et tout ce qui nous rapproche du "syndrôme Matrix" dans nos bulles reliées au monde par divers câblages idoines ?...

Pourtant il a raison, sur le plan commercial, artistique de la chose,  de stigmatiser la culture, en tube, en flocons, lyophilisée, déshydratée, que l'on nous sert dans les barquettes prévues à cet effet, juste pour y ajouter une dose de conscience bien éveillée nécessaire à une vision de notre monde .
Amisata Fofana, relogée sur décision de justice récemment, première concernée par la nouvelle loi sur le "droit au logement opposable"(quelle belle invention) donne un espoir aux 18 000 concernés directement, 600 000 théoriquement, par ce "Don Quichotte 1" qui ne nous échappe que partiellement dans nos consciences .

Vivement que Mathieu nous parle du cas des pêcheurs poussés à la faillite énergétique et aux manifestations plus ou moins violentes par la faute de Georges Bush et sa pression sur l'OPEP, sur le prix du pétrole multiplié par cinq depuis sa présidence ; vivement qu'il nous réalise un métrage quelconque, informel, sur les chômeurs victimes de la concurence déloyale des pays "émergents" et leur main d'œuvre "bon marché" permettant la déroute financière de nos pourvoyeurs d'emplois ici chez nous en Europe, nous verrons enfin les affameurs à l'écran, pas seulement leurs victimes visibles du canal St Martin . Imaginez un "Don Quichotte 2" avec en préface le discours de J.P. Raffarin mettant en "suspens" la loi de cohésion sociale de L. Jospin ... Suivie d'une soirée "camping" autour d'un feu, réunissant les nouveaux SDF victimes de nos "délocalisations" ... Accrocheur non ? Peut-être trop, remarque ... Trop facile .

La démagogie n'est plus reconnaissable, mais je pense Mathieu sincère quant au sort réservé à nos masses laborieuses, ou laborieusement désœuvrées, les seules à-même de partager fraternellement nos ressources avec les malheureux de ce monde ... Dont il ne fait tout de même pas partie ; n'exagérons rien .

voyez plutôt :

"Contrairement à Luc Besson qui dit que les films sont de «gentils objets», je pense que les films peuvent être des monstres, autant dans le positif que dans le négatif. Ils peuvent inciter des gens à faire des conneries ou les aider à comprendre le monde. Le cinéma a cette force là, de «Terminator» aux films des frères Dardenne en passant par «Iron Man»."


Houlà ! On a un gauchiste, pédagogue, médiatisé à la conscience claire parmi notre Jet-Set Néo Costa-Gavras !!! Champagne ! Avant qu'on ne nous l'aplatisse sous un camion !

"Le spectateur veut s’en prendre plein la gueule et ne pas ressortir de la salle de ciné dans le même état que lorsqu’il est entré. A nous de respecter ce désir. Moi, je n’ai aucun intérêt à payer 8 euros pour voir des gens en 3D voler dans tous les sens et ressortir de la salle en ayant oublié, dix minutes après, de quoi le film parlait. Dans ce cas, je préfère jouer aux jeux vidéo."

Rassurons Mathieu ; même s'il n'est pas en mesure de jeter 8 €uros au cinéma, le citoyen
en prendra plein la gueule, qu'il soit simple spectateur ou simple "populo" (syndicaliste ou pas) ; en témoignent les récents affrontements entre "forces de l'ordre" et dockers à Marseille pour donner le ton de notre nouvelle démocratie .
Te bile pas Mathieu
! Pour la matière, y'a de bons nouveaux sujets en vue ; les équipes néo-conservatrices, progressistes, libérales, mondialisantes sont à pied d'œuvre et ce sera bientôt facile de faire des films dificiles ... Presque de la soupe .

S.C.B.Spezzi

(citation de certains propos Recueillis par Alice Antheaume, à Cannes)
http://www.20minutes.fr/article/231947/

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